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Colloque international de l’Ordre africain des grandes écoles et universités (ORAGEU) vendredi 3 novembre 2017

03 Nov 2017


Golden Tulip Le Diplomate

L’Enseignement supérieur et la question phare qui s’y pose en Afrique à savoir « l’adéquation formation-emploi » sont au centre du colloque international de l’Ordre africain des grandes écoles et universités (ORAGEU) ouvert ce vendredi 3 novembre au Golden Tulip Le Diplomate de  Cotonou (Bénin).

Organisé par le Centre d’études et de prospective économique et sociale pour l’Afrique (CEPESA), ce colloque se tient ce vendredi 03 et samedi 04 novembre sur le thème : Enseignement supérieur, Professionnalité et emploi, enjeux et perspectives pour l’Afrique.

M. Jean-Michel Kasbarian

Conférence introductive portant sur le thème ‘Quelles formations pour quels secteurs d’emploi en Afrique au 21e siècle’ animée par M. Jean-Michel Kasbarian, Conseiller de Coopération et d’Action culturelle et Directeur de l’Institut français du Benin.

Prof Placide MABAKA, Directeur du CEPESA

Pour le Directeur du Centre d’études et de prospective économique et sociale pour l’Afrique (CEPESA), Prof. Placide MABAKA, un tel colloque est un cadre de réflexion pour sortir des senters battus afin de permettre à l’Enseignement supérieur africain d’aller au-delà de la simple délivrance des diplômes et plus vers un suivi adéquat des diplômés dans leur insertion professionnelle.

« Les recommandations qui seront prises permettront de relever le défi de l’harmonisation formation-employabilité afin d’améliorer le taux d’accès au marché de l’emploi », indique-t-il dans son allocution d’ouverture.

Prof. Valère Kakaï Glele, Président de l’ORAGEU

Les enjeux de l’Enseignement supérieur en Afrique sont majeurs. Conscient de ces enjeux, le Président de l’Ordre africain des grandes écoles et universités (ORAGEU) et de l’Université polytechnique Obiang Nguema Mbasogo-Bénin, Prof. Valère Kakaï Glele, a publié un livre intitulé « Concilier l’économique et le social par l’éducation ».

Ce colloque s’inscrit selon lui dans la droite ligne de la publication de ce livre et permettra d’échanger sur le rôle majeur de l’Enseignement supérieur dans l’amélioration de l’employabilité en Afrique.

Il s’agit in fine, a t-il précisé, de permettre à l’Enseignement supérieur africain, de former des jeunes diplômés qui appréhendent autrement la question de l’emploi et d’en faire un apporteur de solutions pour le développement.

S.E.M. Crisantos Obama Ondo

L’Ambassadeur de la République de Guinée équatoriale au Royaume du Maroc, Dr. Crisantos Obama Ondo, a abordé dans ses propos introductifs des pistes de solutions que doit explorer l’Enseignement supérieur africain pour sortir des sentiers battus et inscrire véritablement les jeunes diplômés dans la dynamique de développement.

Pour lui, quand il s’agit de développement en Afrique, deux questions se posent. La première, « Est-ce que les pays africains peuvent atteindre le niveau de développement des pays développés ? » et la deuxième « Comment les pays africains peuvent-ils atteindre le niveau de développement des pays dits développés ».

Pour ce faire, a-t-il continué, l’Enseignement supérieur africain doit se préparer pour arriver à répondre aux besoins de développement de l’Afrique. Il est impératif de faire une conceptualisation du système d’enseignement supérieur, restructurer  et réorienter les modules de formation, favoriser les connexions ainsi que les mécanismes de développement scientifique et économique.

Dans le contexte actuel, les diplômés africains doivent sortir du paradigme selon lequel ils doivent finir leurs formations pour obtenir un emploi, a-t-il lancé.

Le volontariat, tremplin pour faire de l’étudiant un créateur de richesses

Paulin Nyerou à gauche

En Afrique, malgré l’extrême jeunesse de la population, cette tranche ne participe que partiellement au développement. Et pour cause, plus de la moitié est au chômage, bien qu’elle soit diplômée. Le problème majeur est que les diplômes dont  disposent ces jeunes ne concordent pas avec les postes ou les emplois disponibles sur le marché.

Paulin Nyerou, a partagé au cours du panel portant sur le thème « Comment faire de l’étudiant/apprenant le promoteur et/ ou créateur de son futur emploi ? », l’expérience du volontariat au Bénin faite par l’Université d’Abomey Calavi.

Au début de sa présentation, il est revenu sur les freins sociologiques et éducationnels au développement des initiatives privées et surtout le fait que les universités africaines ne forment pas les diplômés de façon à leur permettre une ouverture sur l’entrepreneuriat.

C’est pour corriger cette défaillance que le programme de volontariat a été expérimenté pour permettre aux jeunes diplômés de faire une expérience professionnelle dans diverses structures pour après se réorienter vers des domaines créateurs de richesses. Une expérience qui selon les chiffres a porté ses fruits, puisque tous les étudiants ayant fait cette expérience ont su trouver la voie d’un emploi soit en étant recrutés, soit en créant leur propre emploi.

Romain Gilles Picozzi à gauche et Allegra Fosch au milieu

Le premier maître du destin de la jeunesse, est la jeunesse elle-même, a laissé entendre le secrétaire général de l’ORAGEU et Directeur de l’Ecole supérieure de gestion et d’expertise comptable-France (ENGDE) M. Gilles Picozzi, au cours des travaux du colloque de ce vendredi.

Plusieurs jeunes ont d’ailleurs pris conscience de cet enjeu, car selon les chiffres, plus de 50% de jeunes aujourd’hui s’orientent vers l’entrepreneuriat, même quand ils sont toujours en pleine formation.

Partage d’expériences

Mme Allegra Fosh (au milieu), promotrice du Trophée d’excellence Strong Lady, partageant l’expérience de l’Enseignement supérieur du RD Congo.

Le numérique, secteur d’opportunités pour les jeunes

Stefano Amekoudi , Directeur CNF Lomé

Depuis près d’une décennie, le numérique occupe une place de plus en plus structurante dans divers domaines et surtout dans le monde du travail. Ce qui n’est pas sans conséquence sur la formation qui dès lors a commencé par s’adapter avec de  nouvelles méthodes et pratiques : formation à distance, machine-learning,  e-learning, massive online courses (cours à distance pour un grand nombre de personnes), etc.

Cette situation devra d’ailleurs être une chance pour l’enseignement supérieur africain face à la massification des effectifs dans les universités.

Vue partielle participants au colloque

Le sujet a été au centre des discussions au cours du panel sur le thème  » Place et rôle du numérique dans la formation et l’employabilité des jeunes aujourd’hui « .

Dans son intervention au cours du panel, le Directeur du Campus numérique francophone (CNF) de l’Université de Lomé, M. Stefano Amekoudi a identifié les 3 types de personnes qui seront en mesure de trouver quasi facilement des emplois : Ceux dont les compétences sont complémentaires au numérique, ceux dont les compétences s’adaptent au numérique et ceux qui sont en mesure de créer ces contenus et programmes pour le numérique.

Intervention participant

Le numérique est donc une chance pour l’employabilité, a t-il laissé entendre. Ce qui ne fera qu’augmenter les parts de l’auto emploi à cause des opportunités qu’il présente.

De gauche à droite : Stefano Amekoudji du CNF Lomé, Dr Baï Aimée Koovi de l’Université de Parakou (Bénin), Mlle Arielle Kitio, Doctorante à l’Université Yaoundé 1, Dr Jean Paul Horn, spécialiste en intelligence artificielle, Directeur pédagogique e-learning et Développement international à l’UPI ONM

Pour Mme Arielle Kitio, Doctorante à l’Université de Yaoundé 1 et Fondatrice de Caysti au Cameroun,  » il ne sert plus à rien d’apprendre à nos enfants ce que les ordinateurs feront ou font déjà mieux qu’eux. Mais plutôt ce qui peut substituer le numérique comme, comment identifier et résoudre un problème « , car seule l’innovation et l’ouverture d’esprit peuvent permettre aux jeunes de relever les défis présents et futurs.

Distinction honorifique

Dr Crisantos Obama Ondo à gauche et Prof Valère Kakaï Glele (extrême droite)

Dr Crisantos Obama Ondo à gauche et Prof Valère Kakaï Glele (extrême droite) honorés pour leurs implications et leurs travaux pour le développement de l’Enseignement supérieur en Afrique.

L’entrepreneuriat social, l’avenir de l’éducation

Panel composé de gauche à droite : Prof Amen Abiassi d’ULCO France ; Dr. Didier Prince Agbodjan, Université Catholique de Lyon (France) ; Prof Anicet Gabriel Kotchofa de la Russie ; Jean Paul Kaboré de l’Université Ouaga 2 ; Prof. Valère Kakaï Glele, président de l’ORAGEU

À la question posée de savoir si « l’entrepreneuriat social est-il applicable au domaine de la formation ? » comme thème au dernier panel de la journée, la réponse a été affirmative, en particulier pour le Prof Valère Kakaï Glele qui le pratique à l’Université polytechnique international Obian Nguema Mbasogo au Bénin.

Participants

Au cours du panel, le Prof. Valère a expliqué le système de bourses mis en place à l’UPI ONM qui a permis d’aider plusieurs étudiants « démunis » de se faire former. La question qui se pose dans l’entrepreneuriat social est « L’entreprise ne perd-elle pas son chiffre d’affaires en se faisant dans l’entrepreneuriat social? »

Participants

Mais, prenant toujours exemple sur ce qui est fait à l’UPI ONM, il confie que « Les bourses ont fait augmenter le nombre d’étudiants qui s’inscrivent chez nous, ce qui a fait plus que dédoubler notre chiffre d’affaires » puisque en dehors du système de bourses, chaque étudiant qui s’inscrit a droit à un ordinateur portable.

Participants

D’autres exemples d’entreprises créées pour aider les populations, qui créent de l’emploi, et par ricochet sont des initiatives rentables ont été présentées par le Prof. Valère Kakaï Glele.

« L’entrepreneuriat social est la seule voie qui s’offre à l’Afrique pour rattraper son retard en termes de développement », a-t-il laissé entendre.

FIN de la première journée.

joel Dagba

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Reporter et rédacteur chez Lfrii
joel Dagba

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