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Paul-Harry Aithnard, l’autre panafricaniste qui inspire plus d’un !

10 Avr 2017


Paul-Harry Aithnard

Paul-Harry Aithnard

La passion du travail bien fait et l’éthique dans notre façon de faire sont des bases qui doivent nous guider dans toutes nos entreprises. Tel est l’un des conseils qu’a livré aux jeunes, Paul-Harry Aithnard, l’invité spécial du Thursday’s Private Afterwork (TPA) organisé le 30 mars dernier à Lomé. Ce raout, qui a connu la participation du gratin entrepreneurial de la capitale togolaise et des jeunes pousses, avait pour thème, « L’entrepreneuriat et le financement des PME en Afrique ».

Ce Togolais, quadragénaire, Directeur Groupe des Marchés de Capitaux et Gestion d’Actifs chez Ecobank Transnational Incorporated (E.T.I.), sait de quoi il retourne. Puisque son parcours et son travail lui ont valu des reconnaissances au rang desquelles le classement, dans le top 10 des Jeunes Africains de moins de 40 ans les plus influents dans le monde des affaires en 2014 et 2015, réalisé par le cabinet français Choiseul ; et sa cooptation comme membre de l’équipe du programme ‘Djondo Fellowship’ qui regroupe des panafricanistes de renom tels que John Kufuor (ex-président ghanéen), Didier Acouetey (patron du groupe AfricSearch), Donald Kaberuka (ex-patron du groupe de la Banque africaine de Développement, BAD) ou Gervais Koffi Gbondjidé Djondo (co-fondateur d’Ecobank et d’Asky).

Dans cet entretien accordé à L-frii.com, ce patron, qui côtoie les icônes de la ‘Nouvelle Afrique qui gagne’, revient sur le concept du TPA, son travail chez Ecobank, ses pistes de solution pour le financement des start-ups en Afrique, le programme ‘Djondo Fellowship’ et les secrets de sa réussite.

 

Arrivée de Paul-Harry Aithnard

Arrivée de Paul-Harry Aithnard

L-frii : M. Paul-Harry Aithnard, comment trouvez-vous l’initiative du TPA organisée par des jeunes et l’engouement qui est autour de ce concept ?

Paul-Harry Aithnard: C’est une excellente initiative. Je ne m’attendais pas à un tel succès. Mettre en place une plateforme qui réunit des jeunes et des entrepreneurs pour réseauter et échanger des expériences et conseils ne peut qu’être félicitée.

Je pense que l’engouement est dû en premier à une nouvelle volonté que les jeunes d’aujourd’hui ont ; celle de se prendre en main, de faire les choses par eux-mêmes. Et aussi du fait que c’est une opportunité de business dont nous espérons des résultats concrets.

Je salue l’initiative et félicite les promoteurs pour la bravoure dont ils font preuve.

Vous êtes Directeur Groupe des Marchés de Capitaux et Gestion d’Actifs chez E.T.I. Pourriez-vous nous dire ce que c’est ?

Des invités et partenaires du TPA du 30 mars

Des invités et partenaires du TPA du 30 mars

Mon travail, avec l’équipe, est de voir comment on peut aider les gens à investir sur les marchés financiers, soit en achetant ou en vendant des actions ; et aussi en offrant des solutions de fonds de placement à des individus ou à des institutions. Notre travail, in fine, est la promotion de l’épargne à travers ces placements ou investissements.

 

Quelle formation peut-on faire pour aspirer à un tel poste de responsabilité tel que le vôtre ?

Avant tout, il faut faire de la Finance, s’y connaître, connaître tout ce qu’il en est des marchés financiers et avoir de l’expérience. Avec de l’expérience, je pense qu’on peut aspirer à des responsabilités dans le métier de la gestion d’actifs.

 

Au cours de votre message de ce soir, vous avez parlé de trois pistes qui peuvent permettre de financer l’entrepreneuriat en Afrique. Pourriez-vous revenir sur ces trois pistes ?

Vue partielle des participants

Vue partielle des participants

A mon avis, il y a trois pistes. La première piste, c’est de créer un fonds de garantie qui permettrait de répondre à la problématique du collatéral et de la garantie qu’on demande tout le temps aux entrepreneurs.

La deuxième, c’est de créer des incubateurs pour les jeunes entreprises, une chose en laquelle je crois beaucoup ; et enfin la troisième, c’est de regarder de plus en plus vers les financements participatifs pour pouvoir lever des capitaux.

 

Mais croyez-vous que l’entrepreneuriat en Afrique ou au Togo est prometteur, vu les différentes entraves qu’évoquent certains Africains ?

Dans tous les marchés du monde, l’entrepreneuriat est prometteur. Parce qu’avant tout, c’est une démarche humaine et personnelle. Partout, il y a des opportunités, il faut avoir la capacité d’aller les chercher.

Le Togo est une terre où des opportunités foisonnent. Je pense qu’il faut inciter les jeunes et des promoteurs à les dénicher et à en profiter pour créer des entreprises fortes. 

À 38 ans déjà, vous étiez classé parmi les leaders économiques du continent par le cabinet Choiseul. Quel est votre secret ?

Je pense, qu’avant tout, c’est une marque de reconnaissance de la part des personnes qui me suivent depuis un certain nombre d’années. Pour parvenir à ces niveaux, la première force de caractère est le travail bien fait ; la deuxième est l’éthique dans notre manière de fonctionner ; et enfin, être passionné par ce que l’on fait. Avec cela, on commence à dégager quelque chose qui fait que les gens reconnaissent notre valeur et le travail qu’on accomplit.

Remise de cadeau à Paul-Harry Aithnard

Remise de cadeau à Paul-Harry Aithnard

Dans votre intervention lors de la soirée du TPA, vous avez parlé du Djondo Fellowship. Pourriez-vous revenir un peu sur ce programme ?

Le ‘Djondo fellowship’ est une plateforme pour aider les entreprises locales à devenir des multinationales panafricaines. Le programme est basé sur trois axes. Le premier axe met en place un programme de formation spécialisée et est dédié à des entreprises africaines qui veulent devenir des multinationales panafricaines.

Le deuxième axe est de créer un écosystème sur lequel ces entreprises-là vont venir chercher des ressources. Et enfin, le troisième axe est de continuer à faire un plaidoyer dans le monde de la politique et des entreprises sur l’importance du panafricanisme.

Pour finir cet entretien, quel serait votre mot à l’endroit de la jeunesse et à ceux qui veulent entreprendre ?

Je leur dis, allez-y, soyez courageux, soyez volontaires. Nous ne changerons les choses que par nous-mêmes. N’attendons rien de personne ! Je crois profondément en la volonté humaine et en l’initiative. Je donne toujours l’exemple de quelqu’un qui doit prendre une décision. La pire des choses à faire, c’est de ne pas prendre de décision. Prenez toujours une décision, allez-y, essayez, et vous avez de fortes chances de réussir.

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